mercredi 2 juin 2010

Chronique de Marc Fiorentino sur BFM du 27 Mai 2010:LES AMERICAINS ONT LE SENS DE L'HUMOUR

On comprend que les Grecs ou les Espagnols puissent être énervés quand les Allemands leur donnent des conseils, mais les Allemands ont une certaine légitimité à le faire. Mais quand ce sont les Américains qui donnent des conseils à l'Europe sur la sortie de crise, là c'est très drôle ou plutôt pathétique...Les États-Unis par la voix du secrétaire du Trésor Tim Geithner, entre autres, donnent à l'Europe quelques conseils pour sortir de la crise

Ce qui passe actuellement est assez surréaliste et illustre parfaitement l'absurdité de la focalisation obsessionnelle des marchés sur les problèmes de l'Europe. Pour les marchés, la zone à problème dans le monde c'est l'Europe. Et même les Chinois qui sont pourtant confrontés à une bulle immobilière sans précédent font la fine bouche sur les obligations européennes. Mais et c'est là où ça devient drôle ou plutôt pathétique, les États-Unis viennent nous donner des leçons. Geithner nous conseille de continuer à stimuler l'économie, en accroissant donc les déficits et en aggravant encore donc le problème de notre dette.
Pourquoi les États-Unis ne seraient ils pas en position de donner des conseils?
Parce qu'ils feraient mieux de balayer devant leur propre porte. On rappelle quand même que la crise actuelle, ils semblent l'avoir oublié, vient de chez eux. La bombe des subprimes, Lehman Brothers, AIG, Fannie Mae et Freddie Mac ne sont pas de fabrication européenne. Mais surtout leur situation actuelle est largement plus explosive que la notre. Leur dette est colossale et malgré des déficits abyssaux leur reprise économique est deux fois inférieure à la moyenne des sortie de crises précédentes

Et pourtant les marchés plébiscitent le dollar et même les emprunts d'état américains
Les marchés plébiscitaient encore les valeurs internet la veille du krach internet, l'immobilier américain et les actions Lehman la veille de la crise des subprimes. Je pense que l'Europe est aujourd'hui, surtout avec les mesures qui sont prises chaque semaine au pas de charge, dans une situation qui n'a rien à envier à celle des États-Unis. Geithner devrait s'intéresser à son déficit et à sa dette car le jour où ils lui exploseront à la figure, une fois de plus c'est le monde entier qui sera touché.

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